Le « Che » est-il un héros, sinon un modèle ?

Le  

Devenu l’icône révolutionnaire des idéalistes en tout genre, il convient de faire un bref rappel historique de ce que fut celui que l’on nommait Ernesto « Che » Guevara….

    Ernesto Guevara de la Serna naît le 14 juin 1928 à Rosario (Argentine) de Ernesto Guevara Lynch et Celia de La Serna tous deux d’ascendance irlandaise et espagnole noble.

    Dès son jeune âge, Ernesto se fait remarquer pour  ses opinions radicales. Élève brillant mais très dissipé par sa soif de voyage et d’aventures, il renonce à ses études d’ingénieur pour s’orienter vers celles de médecine en 1947.

    Il se met alors à voyager  et entreprend un tour de l’Amérique du Sud en moto avec son vieil ami de gauche réformiste Alberto Granado et va découvrir toute la misère des populations de cette partie du monde.

    Tirant de ce voyage la conclusion que « les inégalités socio-économiques ne peuvent être abolies que par la révolution », Ernesto va se tourner résolument vers le marxisme; il commence donc par rompre avec sa famille et rejette en bloc toutes les valeurs reçues dans sa belle jeunesse.

    Il  parcours la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, Salvador, puis le Guatemala participant aux diverses révolutions et réformes sociales de masse tout en se familiarisant avec les armes.

      Ponctuant toutes ses phrases par l’interjection argentine « che » il se verra attribuer ce surnom par la suite.

      C’est aussi au cours de ces périples qu’il achève sa formation, selon ses propos, de « vrai révolutionnaire ».

      Il part à Mexico en 1954 après avoir obtenu son diplôme en médecine (cette obtention fait encore l’objet de débat)

      Il va alors y rencontrer Fidel Castro pour qui il tombe en réelle admiration.

      Il le suivra aveuglément par la suite sans aucun état-d’âme ni aucune remise en question jusqu’à la fin de sa vie, ce qui lui valut le sobriquet péjoratif de « chien de Castro ».

      S’enrôlant dans les troupes des frères Castro, le Che va rapidement se distinguer par ses faits d’armes et acquérir la réputation de « guérillero hors-pair ». Si l’on ne peut lui reprocher son « aptitude à la lutte armée » on peut largement émettre des objections quant à la forme prise par son engagement:

      Le 2 décembre 1956, il participe au débarquement à Cuba et devient rapidement le maître de tout ce qu’il trouve sur son passage, suscitant alors la jalousie de Fidel Castro qui l’empêche de rentrer en premier dans la Havane.

-> Celui qui le fit fut étrangement victime, peu après, de « mort accidentelle »;  son camarade  fut emprisonné à vie…

      Dès lors il se fait remarquer par sa brutalité envers tous ceux qu’il juge ennemi de la révolution, comme l’exécution d’un enfant soldat coupable de vol de nourriture.

-> Il acquiert le nouveau surnom de « el carnicerito », le petit boucher. Il va montrer un acharnement particulier à exécuter systématiquement les opposants afin d’éradiquer toute opposition et devient responsable de la prison de La Cabana. Il n’hésite pas non plus à innover dans les formes d’exécution, de torture, ou de « services moraux » , comme laisser les prisonniers sans boire ni manger ni dormir pendant 40 h… On recense officiellement 550 personnes exécutées en 1959 durant son mandat à La Cabana.

       Dans les faits, le Che n’est cependant pas le plus meurtrier, Raul Castro se flatte d’avoir fait fusiller 68 personnes en une seule journée à l’est du pays.

-> Néammoins, Guevara reste moralement le plus convaincu et le plus fanatique de ce système de répression: grand admirateur de la Terreur de 1793, il écrit le 5 février 1959 « Les exécutions ne sont pas seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple », il persiste et signe en 1964 : « Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort ».

       On attribue communément à Fidel Castro toutes les mesures d’organisation de l’île alors que le Che a eu une grosse part d’initiatives comme la création du premier camp de travail correctif afin de   »rééduquer les opposants à la révolution cubaine ».

        Mais Guevara ne se limite pas à la répression politique. Il se lance dans une politique socialiste de réforme agraire, de mise en commun des terres et d’éradication de la propriété privée pour que l’île devienne auto-suffisante.

-> C’est un échec total ! Le contrôle militaire absolu de tout ce qui touche à l’agriculture est atteint alors que le déficit monte en flèche  (il est multiplié par 26!) si bien qu’en 1965 Cuba est contraint de revenir à la monoculture de la canne à sucre.

       L’île perd ainsi son indépendance et ne survit que par l’aide des pays frères.

-> Guevara, en bon communiste qui méprise l’argent, reste vivre néammoins dans un des quartiers privés les plus riches de la Havane.

       Entre temps il part en URSS en 1960 où il est ébloui par l’idylle communiste russe. Guevara s’affirme entre-autre admirateur du défunt Staline: « Celui qui n’a pas lu les quatorze tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste ».

      Mais comme tout éblouissement, cette idylle ne dure pas : il se détourne de l’URSS lui reprochant d’avoir refusé la guerre nucléaire contre Kennedy, ces reproches vont passer du ton de désillusion à celui de la violence : au séminaire afro-asiatique d’Alger en 1965, il insulte carrément les représentants russes.

      Castro, gêné par cette contre-publicité décide de l’envoyer en Afrique et publie une lettre de Guevara qui déclare renoncer à toutes ses fonctions à Cuba. Ce dernier s’effondre en reconnaissant sa lettre qui devait à l’origine être posthume…

-> Le Che tente au Congo comme en Bolivie de mettre sur pied, comme il déclare avec son élégance habituelle  »une armée de parasites » mais il échoue… Il aura quand même réussi à rencontrer le grand marxiste Désiré Kabila, également brillant en extermination.

-> Partout il essaie de monter des guérillas, de créer « un, deux, trois, de nombreux vietnam » mais même ses propres soldats se lassent et le laissent peu à peu tomber.

       Il est capturé le 8 octobre 1967 par l’armée bolivienne.

-> Le courageux guérillero, qui méprisait ceux qui avaient peur de la mort ou qui ne savaient y faire face, s’exclame : « Ne tirez pas, je suis Che Guevara et j’ai plus de valeur pour vous vivant que mort! »

       Il est fusillé le lendemain sans aucune cérémonie…

-> Castro s’empare alors de la mésaventure de son « pantin » pour en faire un martyr politique. On connaît suffisamment maintenant l’habileté des régimes communistes autoritaires de l’époque pour imaginer la rapidité à laquelle le Che passa de brute idéaliste à icône de la révolution socialo-communiste.

-> Le commerce n’a eu plus qu’à finaliser le tout et voilà qu’aujourd’hui  »El commandante Che Guevara » est l’icône des ados boutonneux (qui ne connaissent du Che que la magnifique chanson « hasta siempre » remuant leur petit coeur de cet esprit de révolte que l’on a tous plus ou moins eu lors de notre crise d’adolescence), et celle des communistes, anarchistes, et autres fantaisistes révolutionnaires trop heureux de récupérer une occasion de montrer un joli visage du communiste sur un t-shirt… 

Pour conclure:

1°) Le Che est-il un héros?

Dictionnaire de l’Académie Française:

« Demi-dieu de lantiquité. Les héros de la Fable. Hercule, Achille, énée étaient des héros. »

-> Le Che semble très éloigné de la mythologie grecque, il ne fait aucun doute là-dessus, regardons la suite :

« Il se dit plus ordinairement de Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire, qui obtiennent à la guerre des succès éclatants, qui exécutent de grandes et périlleuses entreprises. Les héros de l‘Iliade. Les héros de lantiquité. Vaillant héros. Il mourut en héros. Le modèle des héros. « 

-> si l’on fait abstraction des dires de ses détracteurs, le Che était un bon militaire qui a su se distinguer par ses exploits. Oui mais si l’on ne tient compte que du côté militaire, Hitler fut aussi bon stratège et a réussi bien plus de faits d’armes, or nous sommes d’accord sur le fait que ce dernier est tout sauf un héros. Poursuivons donc:

« Il se dit, dans un sens plus général, de tout homme qui se distingue par lélévation et la force du caractère, par une grande noblesse dâme, par quelque haute vertu. Il sest comporté en héros. Cest un héros de sagesse, de désintéressement, de constance, etc. On l‘emploie quelquefois en ce sens par plaisanterie.

-> Au vu de son caractère particulièrement brutal, même si l’on admet que son comportement fut exagéré par les propos des anti-communistes de l’époque, il est difficile de dire du Che qu’il était quelqu’un de vertueux à partir du moment où il s’est vanté être responsable de la mort d’une quantité d’hommes qui osaient penser autrement que lui… Le  »petit boucher » de la cabana avait beau être paradoxalement clément quelquefois envers ses ennemis (les exemples sont étrangement plus difficiles à trouver), delà à lui attribuer le qualificatif de héros, on dérive vers des tendeances très douteuses…

-> à la limite Guevara correspondrait à la fin de la définition quoique ses actes durant sa vie ne font pas particulièrement sourire…

2°) S’il n’est pas un héros, peut-il être quand même un modèle pour la société d’aujourd’hui?

-> Il a toujours fait passer l’homme après ses idéaux en n’hésitant pas à le supprimer en masse  : « suspendre les exécutions reviendrait à irriter le peuple » ou « Les exécutions ne sont pas seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple » ou encore « Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort ». Le Che ne peut-être que le modèle d’une société de mort.

-> Il a toujours défendu une doctrine totalitariste:  »tout ce qui ne rentre pas dans l’éthique révolutionnaire doit être supprimé » justifiant ainsi l’exécution de 150 à 550 détenus parce qu’il ne remplissait pas les critères d’un révolutionnaire. Une société qui ne jure que par la démocratie et le respect des idées me parait bien risible lorsqu’elle encense le Che…

-> Il a ainsi toujours ouvertement piétiné les Droits de l’Homme  »imposés » par les occidentaux : «le frein des conventions bourgeoises sur les droits de l’homme avait été la raison de la chute du régime d’Arbenz au Guatemala »

Bref, considérer le Che comme un héros paraît inopportun et très largement abusif, quant à le prendre pour modèle, cela relève non seulement de l’indécence, mais aussi de l’inculture et de la plus profonde bêtise en regard d’un homme qui a torturé, exécuté, et ruiné la vie de milliers de cubains, sans tenir compte du désastre laissé derrière lui en Amérique Latine.

Enfin, aujourd’hui, une société qui soutient celui qui a durement et à vie reproché à l’URSS de n’être pas allé au bout de la guerre nucléaire est une société dangereuse qui doit à tout prix revoir ses modèles.

                         

     Guy d’Aulrois

Liens utiles : http://old.nationalreview.com/nordlinger/nordlinger200501050715.asp


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Le « Che » est-il un héros, sinon un modèle ?

Le  

Devenu l’icône révolutionnaire des idéalistes en tout genre, il convient de faire un bref rappel historique de ce que fut celui que l’on nommait Ernesto « Che » Guevara….

    Ernesto Guevara de la Serna naît le 14 juin 1928 à Rosario (Argentine) de Ernesto Guevara Lynch et Celia de La Serna tous deux d’ascendance irlandaise et espagnole noble.

    Dès son jeune âge, Ernesto se fait remarquer pour  ses opinions radicales. Élève brillant mais très dissipé par sa soif de voyage et d’aventures, il renonce à ses études d’ingénieur pour s’orienter vers celles de médecine en 1947.

    Il se met alors à voyager  et entreprend un tour de l’Amérique du Sud en moto avec son vieil ami de gauche réformiste Alberto Granado et va découvrir toute la misère des populations de cette partie du monde.

    Tirant de ce voyage la conclusion que « les inégalités socio-économiques ne peuvent être abolies que par la révolution », Ernesto va se tourner résolument vers le marxisme; il commence donc par rompre avec sa famille et rejette en bloc toutes les valeurs reçues dans sa belle jeunesse.

    Il  parcours la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, Salvador, puis le Guatemala participant aux diverses révolutions et réformes sociales de masse tout en se familiarisant avec les armes.

      Ponctuant toutes ses phrases par l’interjection argentine « che » il se verra attribuer ce surnom par la suite.

      C’est aussi au cours de ces périples qu’il achève sa formation, selon ses propos, de « vrai révolutionnaire ».

      Il part à Mexico en 1954 après avoir obtenu son diplôme en médecine (cette obtention fait encore l’objet de débat)

      Il va alors y rencontrer Fidel Castro pour qui il tombe en réelle admiration.

      Il le suivra aveuglément par la suite sans aucun état-d’âme ni aucune remise en question jusqu’à la fin de sa vie, ce qui lui valut le sobriquet péjoratif de « chien de Castro ».

      S’enrôlant dans les troupes des frères Castro, le Che va rapidement se distinguer par ses faits d’armes et acquérir la réputation de « guérillero hors-pair ». Si l’on ne peut lui reprocher son « aptitude à la lutte armée » on peut largement émettre des objections quant à la forme prise par son engagement:

      Le 2 décembre 1956, il participe au débarquement à Cuba et devient rapidement le maître de tout ce qu’il trouve sur son passage, suscitant alors la jalousie de Fidel Castro qui l’empêche de rentrer en premier dans la Havane.

-> Celui qui le fit fut étrangement victime, peu après, de « mort accidentelle »;  son camarade  fut emprisonné à vie…

      Dès lors il se fait remarquer par sa brutalité envers tous ceux qu’il juge ennemi de la révolution, comme l’exécution d’un enfant soldat coupable de vol de nourriture.

-> Il acquiert le nouveau surnom de « el carnicerito », le petit boucher. Il va montrer un acharnement particulier à exécuter systématiquement les opposants afin d’éradiquer toute opposition et devient responsable de la prison de La Cabana. Il n’hésite pas non plus à innover dans les formes d’exécution, de torture, ou de « services moraux » , comme laisser les prisonniers sans boire ni manger ni dormir pendant 40 h… On recense officiellement 550 personnes exécutées en 1959 durant son mandat à La Cabana.

       Dans les faits, le Che n’est cependant pas le plus meurtrier, Raul Castro se flatte d’avoir fait fusiller 68 personnes en une seule journée à l’est du pays.

-> Néammoins, Guevara reste moralement le plus convaincu et le plus fanatique de ce système de répression: grand admirateur de la Terreur de 1793, il écrit le 5 février 1959 « Les exécutions ne sont pas seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple », il persiste et signe en 1964 : « Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort ».

       On attribue communément à Fidel Castro toutes les mesures d’organisation de l’île alors que le Che a eu une grosse part d’initiatives comme la création du premier camp de travail correctif afin de   »rééduquer les opposants à la révolution cubaine ».

        Mais Guevara ne se limite pas à la répression politique. Il se lance dans une politique socialiste de réforme agraire, de mise en commun des terres et d’éradication de la propriété privée pour que l’île devienne auto-suffisante.

-> C’est un échec total ! Le contrôle militaire absolu de tout ce qui touche à l’agriculture est atteint alors que le déficit monte en flèche  (il est multiplié par 26!) si bien qu’en 1965 Cuba est contraint de revenir à la monoculture de la canne à sucre.

       L’île perd ainsi son indépendance et ne survit que par l’aide des pays frères.

-> Guevara, en bon communiste qui méprise l’argent, reste vivre néammoins dans un des quartiers privés les plus riches de la Havane.

       Entre temps il part en URSS en 1960 où il est ébloui par l’idylle communiste russe. Guevara s’affirme entre-autre admirateur du défunt Staline: « Celui qui n’a pas lu les quatorze tomes des écrits de Staline ne peut pas se considérer comme tout à fait communiste ».

      Mais comme tout éblouissement, cette idylle ne dure pas : il se détourne de l’URSS lui reprochant d’avoir refusé la guerre nucléaire contre Kennedy, ces reproches vont passer du ton de désillusion à celui de la violence : au séminaire afro-asiatique d’Alger en 1965, il insulte carrément les représentants russes.

      Castro, gêné par cette contre-publicité décide de l’envoyer en Afrique et publie une lettre de Guevara qui déclare renoncer à toutes ses fonctions à Cuba. Ce dernier s’effondre en reconnaissant sa lettre qui devait à l’origine être posthume…

-> Le Che tente au Congo comme en Bolivie de mettre sur pied, comme il déclare avec son élégance habituelle  »une armée de parasites » mais il échoue… Il aura quand même réussi à rencontrer le grand marxiste Désiré Kabila, également brillant en extermination.

-> Partout il essaie de monter des guérillas, de créer « un, deux, trois, de nombreux vietnam » mais même ses propres soldats se lassent et le laissent peu à peu tomber.

       Il est capturé le 8 octobre 1967 par l’armée bolivienne.

-> Le courageux guérillero, qui méprisait ceux qui avaient peur de la mort ou qui ne savaient y faire face, s’exclame : « Ne tirez pas, je suis Che Guevara et j’ai plus de valeur pour vous vivant que mort! »

       Il est fusillé le lendemain sans aucune cérémonie…

-> Castro s’empare alors de la mésaventure de son « pantin » pour en faire un martyr politique. On connaît suffisamment maintenant l’habileté des régimes communistes autoritaires de l’époque pour imaginer la rapidité à laquelle le Che passa de brute idéaliste à icône de la révolution socialo-communiste.

-> Le commerce n’a eu plus qu’à finaliser le tout et voilà qu’aujourd’hui  »El commandante Che Guevara » est l’icône des ados boutonneux (qui ne connaissent du Che que la magnifique chanson « hasta siempre » remuant leur petit coeur de cet esprit de révolte que l’on a tous plus ou moins eu lors de notre crise d’adolescence), et celle des communistes, anarchistes, et autres fantaisistes révolutionnaires trop heureux de récupérer une occasion de montrer un joli visage du communiste sur un t-shirt… 

Pour conclure:

1°) Le Che est-il un héros?

Dictionnaire de l’Académie Française:

« Demi-dieu de lantiquité. Les héros de la Fable. Hercule, Achille, énée étaient des héros. »

-> Le Che semble très éloigné de la mythologie grecque, il ne fait aucun doute là-dessus, regardons la suite :

« Il se dit plus ordinairement de Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire, qui obtiennent à la guerre des succès éclatants, qui exécutent de grandes et périlleuses entreprises. Les héros de l‘Iliade. Les héros de lantiquité. Vaillant héros. Il mourut en héros. Le modèle des héros. « 

-> si l’on fait abstraction des dires de ses détracteurs, le Che était un bon militaire qui a su se distinguer par ses exploits. Oui mais si l’on ne tient compte que du côté militaire, Hitler fut aussi bon stratège et a réussi bien plus de faits d’armes, or nous sommes d’accord sur le fait que ce dernier est tout sauf un héros. Poursuivons donc:

« Il se dit, dans un sens plus général, de tout homme qui se distingue par lélévation et la force du caractère, par une grande noblesse dâme, par quelque haute vertu. Il sest comporté en héros. Cest un héros de sagesse, de désintéressement, de constance, etc. On l‘emploie quelquefois en ce sens par plaisanterie.

-> Au vu de son caractère particulièrement brutal, même si l’on admet que son comportement fut exagéré par les propos des anti-communistes de l’époque, il est difficile de dire du Che qu’il était quelqu’un de vertueux à partir du moment où il s’est vanté être responsable de la mort d’une quantité d’hommes qui osaient penser autrement que lui… Le  »petit boucher » de la cabana avait beau être paradoxalement clément quelquefois envers ses ennemis (les exemples sont étrangement plus difficiles à trouver), delà à lui attribuer le qualificatif de héros, on dérive vers des tendeances très douteuses…

-> à la limite Guevara correspondrait à la fin de la définition quoique ses actes durant sa vie ne font pas particulièrement sourire…

2°) S’il n’est pas un héros, peut-il être quand même un modèle pour la société d’aujourd’hui?

-> Il a toujours fait passer l’homme après ses idéaux en n’hésitant pas à le supprimer en masse  : « suspendre les exécutions reviendrait à irriter le peuple » ou « Les exécutions ne sont pas seulement une nécessité pour le peuple de Cuba mais également un devoir imposé par ce peuple » ou encore « Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort ». Le Che ne peut-être que le modèle d’une société de mort.

-> Il a toujours défendu une doctrine totalitariste:  »tout ce qui ne rentre pas dans l’éthique révolutionnaire doit être supprimé » justifiant ainsi l’exécution de 150 à 550 détenus parce qu’il ne remplissait pas les critères d’un révolutionnaire. Une société qui ne jure que par la démocratie et le respect des idées me parait bien risible lorsqu’elle encense le Che…

-> Il a ainsi toujours ouvertement piétiné les Droits de l’Homme  »imposés » par les occidentaux : «le frein des conventions bourgeoises sur les droits de l’homme avait été la raison de la chute du régime d’Arbenz au Guatemala »

Bref, considérer le Che comme un héros paraît inopportun et très largement abusif, quant à le prendre pour modèle, cela relève non seulement de l’indécence, mais aussi de l’inculture et de la plus profonde bêtise en regard d’un homme qui a torturé, exécuté, et ruiné la vie de milliers de cubains, sans tenir compte du désastre laissé derrière lui en Amérique Latine.

Enfin, aujourd’hui, une société qui soutient celui qui a durement et à vie reproché à l’URSS de n’être pas allé au bout de la guerre nucléaire est une société dangereuse qui doit à tout prix revoir ses modèles.

                         

     Guy d’Aulrois

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