Quand Camus parle de Louis XVI

 

Voici un bel hommage, écrit de la main du célèbre Albert Camus, au roi Louis XVI

 

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        « Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Evangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu’il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s’identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu’il soit bien dit que l’attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. Son livre de chevet, au Temple, est l’Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l’échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n’est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu’à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau. »

                                                                                                            Source : Albert Camus, L’homme révolté, La Pléïade, p. 528-529

 

Ce philosophe, pourtant très loin de la pensée Chrétienne, « l’homme sans Dieu »,  avait sans doute mieux compris la Révolution Française que beaucoup d’historiens voire même d’hommes d’Eglise qui continuent de vouloir en faire un mouvement chrétien contre la tyranie, l’injustice, l’inégalité, …

Il n’y a à mon sens rien à ajouter à ce texte, je vous laisse donc à sa libre appréciation !

Guy d’Aulrois

 


Archives pour la catégorie Ancien Régime

Louis XVI…le Bon !

 

Louis XVI...le Bon ! dans Ancien Régime Portrait_de_Louis_XVI-246x300
Le grand maître de la Terreur, Robespierre, votait la mort du Roi en déclarant « La clémence qui compose avec la tyrannie est barbare »
Aujourd’hui, encore une majorité de français restent victimes de la propagande hideuse de ce tyran sanguinaire comme la Révolution Française en a malheureusement compté…

Le 21 janvier 1793, Louis XVI, Roi de France est guillotiné place Louis XV, aujourd’hui place de la Concorde.

Mais savez-vous vraiment qui était Louis XVI et ce qu’il a fait durant son règne ?

Quelques éléments de réponse pour montrer à quel point ce roi était « d’ancien régime », loin de l’imagerie révolutionnaire pourtant toujours d’actualité.

- Louis XVI mesurait plus d’un mètre quatre vingt dix et disposait d’une force musculaire colossale.

- Louis XVI décida de soulager son peuple, en le dispensant du « droit de joyeux avènement », impôt perçu à chaque changement de règne.

- Louis XVI créa le corps des pompiers.

- Louis XVI autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.

- Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.

- Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises, qui lui était réservé en temps de guerre.

- Louis XVI décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son oeuvre pour l’éducation des « Sourds-muets sans fortune » auxquels il enseignait un langage par signes de son invention. Le roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.

- Louis XVI dota l’école de Valentin Hauÿ pour les aveugles.

- Louis XVI donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs anglais et obtint ainsi du gouvernement anglais la réciprocité pour les pêcheurs français.

- Louis XVI donna aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux-mêmes leurs pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur.

- Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi », 90 ans avant la première Convention de Genève.

- Louis XVI fit abolir le servage et la mainmorte dans le domaine royal, et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.

- Louis XVI ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture).

- Louis XVI accorda le premier le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés de l’assemblée des Etats-Généraux.

- Louis XVI fit construire à ses frais des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.

- Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant leur procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès.

- Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison du Roi (plus d’un tiers).

- Louis XVI permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.

- Louis XVI finança tous les aménagements de l’Hôtel-Dieu pour que chaque malade ait son propre lit individuel.

- Louis XVI employa le premier l’expression de  » justice sociale « .

- Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé Hôpital des Enfants-Malades.

- Louis XVI créa le Musée des Sciences et Techniques, futur centre national des Arts et Métiers.

- Louis XVI fonda l’école des Mines.

- Louis XVI finança sur ses propres fonds les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.

- Louis XVI également les expériences de Jouffroy d’Abbans pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.

- Louis XVI exempta les juifs du péage corporel et autres droits humiliants, fit construire les synagogues de Nancy et de Lunéville et permit aux juifs l’accès à toutes les maîtrises dans tout le ressort du Parlement de Nancy.

- Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.

- Louis XVI accorda des pensions de retraite à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.

- Louis XVI demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.

- Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.

- Louis XVI accorda l’état-civil aux protestants.

Bien sûr , cette liste n’est pas exhaustive mais elle permet d’entrevoir rapidement à quel point l’Histoire peut être mise à mal lorsqu’elle se trouve à la merci de la passion des hommes

Guy d’Aulrois

Le Testament Politique de Louis XVI

Le Testament Politique de Louis XVI dans Ancien Régime 

« Louis XVI n’a jamais été aussi proche de la Révolution qu’en fuyant à Varennes »

Lu sur le site des Manants du Roi, en date du 24 mai 2009:

« Œuvre » politique majeure, le testament politique de Louis XVI est maintenant complet. Seize pages en date du 20 juin 1791… La dernière page de ce manuscrit se cachait dans une collection américaine. Gérard Lhéritier, président d’Aristophil, société qui achète des manuscrits anciens et propose ensuite à des collectionneurs de devenir en partie propriétaires de ces documents (tout en les conservant dans son Musée des lettres et manuscrits), vient de l’acquérir…

Un grand merci à nos amis de la Charte de Fontevrault de nous avoir prévenu de cette nouvelle!

Portemont, le 24 mai 2009



Jeudi 21 mai 2009


LE TEXTE ORIGINAL DU TESTAMENT POLITIQUE DU ROI LOUIS XVI RETROUVÉ.

Le testament politique de Louis XVI retrouvé
Jacques de Saint Victor
19/05/2009 | Mise à jour : 19:38 |

La dernière page du manuscrit, qui en compte seize en tout, racheté par un collectionneur français. Louis XVI termine son message par ces mots :
« Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu’une Constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l’état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu’enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis.»

Avant de fuir en juin 1791, le roi de France avait rédigé un texte pour se justifier. Le manuscrit, qui avait disparu, a été découvert aux États-Unis.
Il avait disparu depuis la Révolution française. Il se cachait dans une collection américaine où il vient d’être acquis par un Français, collectionneur de manuscrits anciens. Le testament politique de Louis XVI est une œuvre politique majeure, datant de la fuite à Varennes, dans la nuit du 20 juin au 21 juin 1791.
Avant de partir, Louis XVI a probablement quelques scrupules. Il pense enfin pouvoir échapper à l’Assemblée constituante mais il ne veut pas quitter Paris sans laisser un document expliquant les raisons de sa fuite.

Il entend s’adresser à son peuple.

Aussi rédige-t-il cette Déclaration à tous les Français, un manuscrit de seize pages in quarto, qui deviendra, selon la tradition historique, son «testament politique» (à ne pas confondre avec le testament qu’il rédigera dans la prison du Temple avant de monter sur l’échafaud et qui est plus personnel et moral). Le roi demandera à La Porte, son intendant, de déposer le lendemain de sa fuite cette Déclaration sur le bureau du président de l’Assemblée, qui est alors Alexandre de Beauharnais.

L’histoire se télescope : celui qui recueille le testament du dernier roi de l’Ancien Régime n’est autre que le premier époux de Joséphine, la future impératrice des Français ! Le monde est petit.

Dans ce texte long et parfois assez mal structuré, Louis XVI entend exprimer sa conception politique la plus profonde. Au moment de le rédiger, il se sent libéré des contraintes, des faux-semblants et des réserves qu’il a toujours dû s’imposer depuis le début de la Révolution. Il déclare même, au moment de partir, qu’«une fois le cul sur la selle, il serait tout autre». Se voyant déjà loin de Paris et de l’Assemblée, il livre sa véritable conception des événements révolutionnaires, depuis la réunion des États généraux, et exprime son idéal politique, une monarchie constitutionnelle avec un monarque puissant.

C’est donc un texte d’une portée considérable.
Dans sa biographie de Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, insiste à juste titre sur son caractère essentiel pour bien comprendre l’évolution de la pensée du monarque : «La plupart des historiens, écrit Petitfils à propos de la déclaration royale, ne lui ont pas donné l’importance qu’elle mérite. Ils l’ont soit négligée, soit hâtivement lue et commentée» (1).
Son contenu n’était en effet pas ignoré des savants, dans la mesure où le texte a été reproduit dans de nombreux documents parlementaires, notamment les Archives parlementaires (publiées sous le Second Empire), mais l’original avait disparu.
C’est lui qui vient enfin d’être retrouvé.
Il ne fait aucun doute qu’il s’agit du document authentique.
Son acquéreur, Gérard Lhéritier, président de la société Aristophil, une société qui achète des manuscrits anciens et propose ensuite à des collectionneurs de devenir en partie propriétaires de ces documents (tout en les conservant dans son Musée des lettres et manuscrits), insiste sur son caractère unique. «C’est une pièce exceptionnelle, vibrante d’histoire, que nos experts ont pu retrouver aux États-Unis.»

Cette certitude est confirmée par des spécialistes de grand renom, comme Thierry Bodin, expert en autographes près la cour d’appel de Paris. Pour ce dernier, la paternité du document est évidente. «C’est la signature du roi et, surtout, il a été paraphé et signé par le président de l’Assemblée nationale, Alexandre de Beauharnais.» D’autant que la prise de Gérard Lhéritier est double.

Il y a non seulement le document en lui-même mais un autre manuscrit de huit pages rédigées par le propre frère de Louis XVI, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Ce texte avait été demandé par le roi à son frère peu de temps avant son départ, afin que celui-ci retrace les injustices subies par la famille royale depuis 1789. C’était une manière d’impliquer le comte de Provence dans le projet de fuite et le contraindre, par la même occasion, de quitter Paris le même jour (le roi craignait que son frère, qui n’avait pas toujours été tendre avec le couple royal, ne cherche à profiter de son départ pour se hisser sur le trône). Jugées trop agressives à l’égard de l’Assemblée, les remarques du comte de Provence ne furent pas toutes reprises par Louis XVI, qui commentera puis écartera ces huit pages.

Pièce à charge lors du procès du roi

Comment un tel trésor a-t-il pu s’évanouir dans la nature ? La plupart des historiens et des spécialistes avouent leur ignorance sur les circonstances de la disparition de ces documents capitaux. C’est un mystère digne du Da Vinci Code. Jean-Christian Petitfils rappelle que ce n’est pas le seul document officiel qui ait disparu sous la Révolution. Il suffit de songer, dans un autre registre, au vol des diamants de la Couronne. Selon Thierry Bodin, le document devait probablement avoir été conservé jusqu’au procès de Louis XVI qui s’ouvre en décembre 1792. «Il disparaît ensuite, sans laisser de trace.» Certains pensent qu’il aurait pu, au milieu du XIXe siècle, faire partie du fonds d’un collectionneur fameux, Étienne Charavay, mais il ne figure pas dans la vente des manuscrits de ce dernier. D’autres évoquent la possibilité qu’il ait été dans le fonds de Feuillet de Conches, autre collectionneur célèbre du XIXe siècle, qui a publié des Lettres et documents inédits de Louis XVI (1864-1873), mais où les documents les plus authentiques côtoient les faux les plus étonnants. Il faut se rendre à l’évidence : on ne sait pas comment le manuscrit a pu disparaître pour ensuite quitter le territoire. Son existence est signalée dans les années 1950, à l’occasion d’une vente Hennessy, mais le document original n’y figure pas. Puis on perd définitivement sa trace jusqu’à son acquisition aujourd’hui par la société Aristophil. Un mystère surprenant, alors même que ce texte a eu, dans la vie du monarque, un rôle on ne peut plus funeste.

Car la Déclaration fut en effet une des pièces à charge lors du procès du roi sous la Terreur. Ainsi, le rapport d’accusation, lu par Lindet le 10 décembre 1792, à la Convention, le cite précisément et l’utilise pour prouver la duplicité du roi et ses mauvaises intentions.

«C’était sans doute le Manifeste destiné à plonger la France dans les horreurs de la guerre civile, écrit Lindet. (…) Son Manifeste du 20 juin atteste ses intentions hostiles ; il voulait le renversement de l’État, puisqu’il ne voulait ni les lois, ni la Constitution qu’il avait juré de maintenir» (2). Indéniablement, cette Déclaration a contribué à poser Louis XVI en ennemi de la Révolution. Mais que dit précisément le texte ? En réalité, le roi est loin d’avoir rédigé un brûlot contre-révolutionnaire. Il ne se résout certes pas à l’abaissement de la monarchie. Il juge que les réformes de l’Assemblée et l’attitude des clubs, «calomniateurs et incendiaires», ont porté atteinte à «la dignité de la Couronne de France». Il s’en prend notamment au refus, par l’Assemblée, de lui accorder un droit de veto absolu (il n’est que «relatif»), au poids excessif des comités de la Constituante, notamment le Comité des recherches qui exerce, selon le roi, «un véritable despotisme plus barbare et plus insupportable qu’aucun de ceux dont l’histoire ait jamais fait mention».

Le monarque n’avait jamais été aussi conciliant

Le roi critique aussi l’excessive décentralisation, la suppression de son droit de grâce, etc. Mais, sur le plan social, il se rallie pourtant à la révolution juridique de l’été 1789 ; il ne rejette plus l’abolition des ordres, comme dans sa Déclaration du 23 juin 1789. Il admet l’égalité civile et insiste même sur les réformes qu’il avait cherché à faire, notamment en 1787, en matière fiscale, afin que les privilégiés ne bénéficient plus d’exemptions indues. Il conclut, sur le ton de l’époque : «Français, et vous surtout Parisiens (…), revenez à votre roi ; il sera toujours votre père, votre meilleur ami.»

La rédaction du texte lui a pris à peu près quatre ou cinq mois de réflexion. Il y a travaillé seul, à l’insu de ses ministres, et il n’y associera son frère qu’à la dernière minute, le samedi 18 juin, comme en témoigne ce dernier. On sait comment tout cela finira. Son arrestation à Varennes va, comme le rappelle Mona Ozouf, se révéler fatale pour la monarchie (3). La déclaration du roi se montrera bien incapable de lui sauver la mise. Bien au contraire. Le prestige de la monarchie sera pour jamais terni par cette équipée malheureuse.

Pourtant, comme le remarque à juste titre Jean-Christian Petitfils, ce testament politique de Louis XVI prouve que le roi n’avait jamais été aussi conciliant. C’est ce triste paradoxe que met en évidence le document laissé à l’Assemblée : «Jamais Louis XVI n’avait été aussi proche de la Révolution qu’en fuyant la capitale. Sur la route de Varennes, il était devenu un souverain constitutionnel, à la recherche, hélas, d’une impossible Constitution» (4). De toute cette histoire tragique, il ne reste plus aujourd’hui qu’un seul témoignage, ce manuscrit oublié.

Lorsqu’un Roi de France nous fait une leçon de démocratie…

          

          La révolution française de 1789 et celles qui ont suivi ont souvent dénoncé la monarchie comme tyranique et vanté la république comme démocratique.

Pourtant, la démocratie installée par les révolutionnaires est bien loin de son origine première.

Il y a de surcroît, et ce n’est plus une surprise, une différence aussi flagrante que consternante entre la démocratie en théorie, et celle en pratique.

Aujourd’hui de bien grands mots sont invoqués au nom de la démocratie par ceux qui piétinent sans scrupule notre histoire.

Voici une belle leçon que nous donne bien avant que nous arrivions au monde un de » ces tyrans de l’histoire de notre pays »…

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    Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre,

    À tous ceux qui ces présentes verront, salut.

   La divine providence, en nous rappelant dans nos États après une longue absence, nous a imposé de grandes obligations. La paix était le premier besoin de nos sujets : nous nous en sommes occupé sans relâche ; et cette paix si nécessaire à la France comme au reste de l’Europe, est signée. Une charte constitutionnelle était sollicitée par l’état actuel du royaume ; nous l’avons promise, et nous la publions. Nous avons considéré que, bien que l’autorité tout entière résidât en France dans la personne du roi, nos prédécesseurs n’avaient point hésité à en modifier l’exercice, suivant la différence des temps ; que c’est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, la confirmation et l’extension de leurs droits à saint Louis et à Philippe le Bel ; que l’ordre judiciaire a été établi et développé par les lois de Louis XI, de Henri Il et de Charles IX ; enfin, que Louis XIV a réglé presque toutes les parties de l’administration publique par différentes ordonnances dont rien encore n’avait surpassé la sagesse.   

    Nous avons dû, à l’exemple des rois nos prédécesseurs, apprécier les effets des progrès toujours croissants des lumières, les rapports nouveaux que ces progrès ont introduits dans la société, la direction imprimée aux esprits depuis un demi-siècle, et les graves altérations qui en sont résultées : nous avons reconnu que le voeu de nos sujets pour une charte constitutionnelle était l’expression d’un besoin réel ; mais en cédant à ce vu, nous avons pris toutes les précautions pour que cette charte fût digne de nous et du peuple auquel nous sommes fiers de commander. Des hommes sages, pris dans les premiers corps de l’État, se sont réunis à des commissions de notre conseil, pour travailler à cet important ouvrage.   

    En même temps que nous reconnaissions qu’une constitution libre et monarchique devait remplir l’attente de l’Europe éclairée, nous avons dû nous souvenir aussi que notre premier devoir envers nos peuples était de conserver, pour leur propre intérêt, les droits et les prérogatives de notre couronne. Nous avons espéré qu’instruits par l’expérience, ils seraient convaincus que l’autorité suprême peut seule donner aux institutions qu’elle établit, la force, la permanence et la majesté dont elle est elle-même revêtue ; qu’ainsi lorsque la sagesse des rois s’accorde librement avec le vu des peuples, une charte constitutionnelle peut être de longue durée ; mais que, quand la violence arrache des concessions à la faiblesse du gouvernement, la liberté publique n’est pas moins en danger que le trône même. Nous avons enfin cherché les principes de la charte constitutionnelle dans le caractère français, et dans les monuments vénérables des siècles passés. Ainsi, nous avons vu dans le renouvellement de la pairie une institution vraiment nationale, et qui doit lier tous les souvenirs à toutes les espérances, en réunissant les temps anciens et les temps modernes.   

    Nous avons remplacé, par la chambre des députés, ces anciennes assemblées des champs de mars et de mai, et ces chambres du tiers état, qui ont si souvent donné tout à la fois des preuves de zèle pour les intérêts du peuple, de fidélité et de respect pour l’autorité des rois. En cherchant ainsi à renouer la chaîne des temps, que de funestes écarts avaient interrompue, nous avons effacé de notre souvenir, comme nous voudrions qu’on pût les effacer de l’histoire, tous les maux qui ont affligé la patrie durant notre absence. Heureux de nous retrouver au sein de la grande famille, nous n’avons su répondre à l’amour dont nous recevons tant de témoignages, qu’en prononçant des paroles de paix et de consolation. Le voeu le plus cher à notre coeur, c’est que tous les Français vivent en frères, et que jamais aucun souvenir amer ne trouble la sécurité qui doit suivre l’acte solennel que nous leur accordons aujourd’hui.   

    Sûrs de nos intentions, forts de notre conscience, nous nous engageons, devant l’assemblée qui nous écoute, à être fidèle à cette charte constitutionnelle, nous réservant d’en juger le maintien, avec une nouvelle solennité, devant les autels de celui qui pèse dans la même balance les rois et les nations.   

    À ces causes,   

    Nous avons volontairement, et par le libre exercice de notre autorité royale, accordé et accordons, fait concession et octroi à nos sujets, tant pour nous que pour nos successeurs, et à toujours, de la charte constitutionnelle qui suit :

    Article premier. Les Français sont égaux devant la loi, quels que soient d’ailleurs leurs titres et leurs rangs.

    Article 2. Ils contribuent indistinctement, dans la proportion de leur fortune, aux charges de l’État.

    Article 3. Ils sont tous également admissibles aux emplois civils et militaires.

    Article 4. Leur liberté individuelle est également garantie, personne ne pouvant être poursuivi ni arrêté que dans les cas prévus par la loi, et dans la forme qu’elle prescrit.

    Article 5. Chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection.

    Louis XVIII, Roi de France et de Navarre

     Nous n’avons décidemment rien inventé…

    Guy d’Aulrois

Charette un brigand de la Révolution Française?

Charette un brigand de la Révolution Française? dans Ancien Régime 25779_351805672419_551537419_3580003_4122609_a

« J’ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre révolution, lequel, s’il présente de grands malheurs, n’immole pas du moins notre gloire. On s’y égorge, mais on ne s’y dégrade point, on y reçoit des secours de l’étranger, mais on n’a pas la honte d’être sous sa bannière et d’en recevoir un salaire journalier pour n’être que l’exécuteur de ses volontés. Oui, Charette me laisse l’impression d’un grand caractère, je lui vois faire des choses d’une énergie, d’une audace peu communes, il laisse percer du génie. »

                                                                                                                                                                            Napoléon 1er

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